lundi 15 octobre 2007

Aujourd'hui, je bloggue pour l'environnement ! On se doit de respecter son environnement, surtout par ces temps incertains...


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Mon propos sera le respect de la vie animale, quelle que soit son espèce. Maltraiter, faire souffrir inutilement, ou tuer un être vivant, juste pour satisfaire les passions humaines, relève d'un égoïsme forcené et cruel qui n'a plus rien d'humain. C'est pure barbarie, chose inconcevable à notre époque !
En premier, j'ai donc choisi de parler de l'atrocité foncière que représente le spectacle des corridas. Pour cela, on peut se reporter à mon article du 18 août 2007, où je les dénonce au travers d'une nouvelle faisant partie de mon livre paru en 2006, "Comme un noir soleil"... Cela donnera une idée à ceux qui l'ignoreraient encore, de ce que représente réellement un tel genre de spectacle ! Et s'il reste malgré tout des personnes totalement insensibles à la souffrance animale, je doute fort qu'elles le soient pour autrui... Pour illustrer ce sujet, lire ci-dessous un texte transmis par l'Alliance anticorrida.
En second, je propose l'une de mes nouvelles inédites, écrite il y a plusieurs années, sorte de conte, d'utopie pour un monde meilleur : "Métamorphose collective"...

Associations artistes et politiques unis pour dénoncer la corrida !
La conférence de presse organisée par la SPA à Paris le 25 septembre 2007 fut l’un des événements visant à réitérer face aux médias l’une des demandes des associations au président de la République : l’interdiction de l’accès aux arènes pour les mineurs de moins de 16 ans.


Par Alliance Anticorrida
jeudi 27 septembre 2007
Modification : 27 septembre 2007
http://www.anticorrida.org

Avaient répondu présents : Surya Bonaly Raphaël Mezrahi Muriel Marland-Millitello députée des Alpes-Maritimes Yann Wehrling porte-parole national des Verts Jean-Marc Roubaud député du Gard Jean-Paul Richier psychiatre et Yves Cochet député Vert de Paris.

« Qu’ils soient UMP PS ou Verts les politiques sont à nos côtés pour mener ce combat important contre la corrida. Nous observons désormais une évolution de ce dossier : il n’y a plus de couleur politique mais une politique citoyenne. C’est un fait rare et nous nous en félicitons ! » déclare en préambule Caroline Lanty présidente de la SPA avant de donner la parole à Jean-Marc Roubaud particulièrement concerné par la question : « élu d’un département où la tauromachie est présente, je tiens à vous confirmer qu’elle ne concerne que peu d’habitants. Ces spectacles qui se veulent rattachés à une tradition séculaire ne constituent qu’une particularité régionale exogène contre lesquels de plus en plus de voix s’élèvent. »
De son côté Muriel Marland-Millitello a assuré déposer le jour même sa proposition de loi rectifiée visible sur http://petition-anticorrida.com/ ajoutant : « la volonté de combattre les violences et les souffrances qui découlent de la corrida reflète une des avancées de nos sociétés contemporaines »
Le point de vue de Jean-Paul Richier psychiatre vient ensuite justifier la pertinence de la demande de protection de la jeunesse avec la présentation d’une motion qui met en exergue les conséquences de la corrida sur un public jeune : « Le moment est venu de prendre en compte l’impact de ce spectacle sur les enfants et les adolescents. Il existe en effet dans la corrida une violence centrale et une souffrance imposées dans le cadre d’un rapport radicalement inégal ». À son tour Surya Bonaly très émue a assuré que la tauromachie n’est qu’« une banalisation de la violence une torture en musique qui va à l’encontre du respect du vivant et conditionne les enfants pour en faire de futurs aficionados ».

Claire Starozinski présidente de l’Alliance Anticorrida a pour sa part dressé un état des lieux de la problématique en mettant l’accent sur son vécu en tant que Nîmoise : « Maman d’une adolescente de 16 ans et professeur depuis trente-quatre ansje ne peux que m’élever contre le prosélytisme honteux réalisé dans les établissements scolaires dans lesquels les toreros sont invités à donner aux enfants des leçons de tauromachie ! » En concluant ainsi : « Au-delà de la mort d’un animal donnée en spectaclela corrida est hautement condamnable puisqu’elle encourage une pulsion morbide que nous avons en chacun de nous. »
A l’aide d’une vidéo insoutenable les représentants des autres associations ont insisté sur la nocivité des écoles taurines tandis que Yves Cochet et Yann Wehrling réaffirmaient la position très claire des Verts depuis 2006 déclarant de concert : « La mort de l’animal est au service du tiroir caisse la corrida n’étant que le marketing de la souffrance. L’esthétique et le beau ne doivent pas masquer l’horreur. »
Absent Julien Dray député PS avait néanmoins tenu à faire passer ce message : « En tant qu’homme de gauche je défends une certaine idée de l’humanisme qui reconnaît comme valeurs cardinales le respect d’autrui et le refus de toute barbarie. Je ne peux donc souscrire au principe de la corrida et je soutiens résolument votre engagement et la noble cause que vous défendez »
Dès le lendemain fidèle à sa promesse le président de la République recevait Surya Bonaly accompagnée de Caroline Lanty pour un entretien au cours duquel il a fait savoir se référant à une mesure similaire prise en Catalogne (Espagne) qu’il n’était pas opposé à une interdiction des arènes aux mineurs de moins de 16 ans.

Dans un courrier daté du 11 mars 2007 adressé à l’Alliance Anticorrida Nicolas Sarkozy alors candidat à la présidence avait évoqué l’idée d’une « possible évolution de ferias sans corrida » exprimant par-là même le souhait de toutes celles et ceux qui combattent ce spectacle d’un autre âge tout en aimant les traditions pacifiques.Une idée qui semble faire son chemin...

ALLIANCE ANTICORRIDA
http://www.anticorrida.org



Métamorphose collective

C’est ce jour-là, le 2 janvier 2058 exactement, que la chose, cette sorte de métamorphose, s’accomplit…
Dans la petite ville de Circé-sur-Loire, plusieurs évènements bizarres, troublants, se succédèrent en effet ce jour-là.
Ce fut le début de toute une série de faits qui continuèrent par la suite et devaient changer pour toujours le mode de vie des habitants. Mais pas seulement ceux de Circé, ceux de la planète entière…
Car, curieusement, la métamorphose se perpétra un peu partout dans le monde, et pratiquement au même moment ; elle devait également se perpétuer…

Toute la journée, à l’hôtel de ville du centre, le maire s’était vu rapporter tous ces évènements, qui l’avaient stupéfait.
Tout d’abord, ce fut un appel téléphonique du directeur de l’abattoir municipal. Il venait dire au maire que ses employés avaient décrété qu’ils ne voulaient plus abattre un seul animal… Mais qu’ils continueraient à venir travailler chaque jour afin de s’occuper d’eux, jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée sur leur sort. Ils disaient tous qu’ils ne supportaient plus le regard des animaux sur eux juste avant d’être abattus. Et leurs cris surtout, pour les fois où ça se passait mal… Que depuis des années, ils en faisaient des cauchemars. Et que leurs déprimes, souvent incompréhensibles, venaient sûrement de là. Ils n’en pouvaient plus… La plupart d’entre eux voulaient fonder ensemble une association et créer plusieurs refuges pour animaux ; ils avaient l’intention de se brancher avec la très ancienne fondation Bardot qui existait depuis de nombreuses décennies, et d’œuvrer dans le même sens. Leurs premiers pensionnaires seraient les animaux ayant échappé aux abattages. Et en attendant, ceux qui habitaient à la campagne ou qui avaient un grand jardin avaient même proposé de prendre en pension, qui un mouton ou un porc, qui un agneau ou un veau, qui un cheval ou un bœuf…
Et curieusement, lui le directeur, en avait été comme apaisé. Il faut dire que depuis plus de dix ans, il n’en pouvait plus également de cette odeur de mort, de ces effluves de sang qu’il respirait chaque jour… Il l’avait supporté jusque-là parce qu’il ne pouvait faire autrement. Il fallait bien gagner sa vie… Mais à présent que ses employés avaient pris cette décision, il suivait avec joie le mouvement. Il était loin de la retraite, mais depuis longtemps avait envie de faire autre chose ; il n’avait rien tenté par négligence, par paresse. Il en trouvait là l’occasion… Et comme eux, décrétait qu’il ne mangerait plus jamais de viande.
Après, ce fut le tour du garde-champêtre accompagné du garde forestier, qui vint le prévenir qu’en cette période de chasse, l’un des chasseurs était venu lui annoncer, au nom de tous les autres, que plus aucun d’entre eux ne voulait chasser à partir de maintenant ; qu’il y avait donc lieu de clôturer la chasse pour toujours… Et le garde-champêtre avait ajouté qu’il s’en trouvait fort bien, car il n’avait jamais apprécié toutes ces cruautés. Propos repris et corroborés par le garde forestier…
Ensuite, on lui avait appris que toutes les boucheries et charcuteries avaient apposé un panneau en devanture indiquant aux gens qu’il n’y aurait bientôt plus jamais aucune viande de vendue dans le magasin ; et que ce qui s’y trouvait était donc la toute dernière… Il y avait aussi le seul magasin de fourrures et peaux de la ville qui en avait fait tout autant. Il liquidait son stock…
« Mais… que vont donc faire ensuite tous ces commerçants ?… s’était étonné le maire.
– Oh, ça ne semble pas être un problème pour eux, avait répondu l’employé municipal qui était venu le trouver pour le lui dire. Certains, près de la retraite vont s’y mettre maintenant, d’autres retournent à la ferme familiale, d’autres encore ont déjà trouvé une place en tant que salarié. Tous ont dit qu’ils ne supportaient plus la vue des têtes de veaux et cochons, pas plus que les carcasses des animaux habituels sur leurs étals. Ils en ont assez jusqu’à l’écœurement… Et le fourreur, quant à lui, va se reconvertir dans le simili… Il est plutôt content : il ne supportait pas lui non plus l’odeur fétide des peaux ».
Le plus étonnant fut lorsque le maire indiqua à l’employé que, de toute façon, les bouchers et les charcutiers ne risquaient plus de vendre de viande, puisque à partir d’aujourd’hui, l’abattoir municipal venait de fermer ses portes définitivement ; et que les chasseurs avaient arrêté de chasser une fois pour toute… L’employé lui répondit alors que les commerçants n’en étaient pas au courant et que lui-même venait de l’apprendre. Et il ajouta que ça le rendait très heureux. Ce qui rendit le maire encore plus perplexe. D’autant que lui aussi se surprenait à jubiler au fur et à mesure qu’il prenait connaissance de tous ces faits. Une jubilation à laquelle il pouvait donner libre cours à présent, puisqu’il était écolo jusqu’au bout des ongles, mangeait végétarien et prônait depuis toujours l’abolition de pratiques qu’il jugeait barbares. Dont celle de la chasse et des abattoirs. Sans parler des corridas, qui le révulsaient ; mais, heureusement, cette pratique n’était pas de mise dans sa région… Il avait, du reste, réussi à faire voter plusieurs fois certains arrêtés municipaux. Contre certaines pratiques de chasse, notamment ; et certaines interdictions en avaient découlé, qui avaient alors provoqué un tollé général parmi les chasseurs.
Et voilà qu’à présent ils ne voulaient plus chasser !… C’était merveilleux ! Seulement, à présent, au vu de tous ces évènements extraordinaires, c’était à lui, en tant que maire de la ville, de prendre certaines dispositions… Parce que tout ce qui venait de se produire représentait un véritable chamboulement de l’ordre social. Il devait réunir rapidement son conseil d’administration. La ville devrait se réorganiser…

Vers les treize heures, le maire partit déjeuner comme de coutume dans son bistrot favori, un restaurant végétarien. Il était vieux garçon et retrouvait souvent là de vieilles connaissances, plus ou moins célibataires comme lui et ayant des goûts similaires.
Ce jour-là, dans le café-restaurant, tous les gens avaient un air inhabituel… C’est ce que constata avec surprise le maire, qui ne se rendait pas compte que lui-même avait un air différent. En fait, ils avaient tous, pour une fois, le même air d’heureuse insouciance, de sympathie spontanée… Tout le monde discutait sec et joyeux. Et tous sur le même sujet… Le maire fut très étonné en entendant les conversations. Il n’y était question que de ce que lui-même venait d’apprendre... Ils étaient tous déjà au courant ! Il s’installa à sa table habituelle et surprit des choses encore plus invraisemblables… Une dame disait à sa voisine :
« Si, si, je t’assure !… C’est ma sœur qui me l’a dit ce matin… Le laboratoire de recherches pharmaceutiques vient de cesser toute vivisection. Les biologistes ne veulent plus entendre parler d’expérience sur des animaux… D’ailleurs, presque tous les ont emmenés à leur domicile ou donnés à leurs enfants, famille ou amis… Ma sœur, qui est copine avec une biologiste, a ainsi récupéré un magnifique chat noir et un petit chien blanc et roux. Et moi, je vais sans doute prendre aussi un chat, depuis le temps que mes enfants m’en réclament un. Si tu veux un animal, fais-moi signe… Mais presse-toi, il n’en reste plus beaucoup ! À moins que tu ne veuilles une souris blanche ?… Il en reste pas mal. Ah, oui, et aussi des lapins… ».
La voisine répondit que ce ne serait pas de refus. Depuis longtemps elle voulait un deuxième chien, pour tenir compagnie au sien qui avait l’air de s’ennuyer.
Plus loin, un monsieur disait à un autre homme :
« Puisque je vous le dis ! Avec ma parabole, je capte des chaînes partout dans le monde… Eh bien, malgré que je ne comprenne ni l’allemand, ni l’anglais, ni l’italien ni les autres langues, j’ai fort bien compris d’après les images, qu’il se passait la même chose qu’ici !… Apparemment, plus personne, nulle part, ne veut plus tuer la moindre bête… Et ne veut plus en manger, du reste ! Moi, je trouve tout ça fantastique ! Depuis plusieurs années déjà, j’avais banni toute viande de mon menu. D’abord, ce n’est pas si bon que ça pour la santé. Ça été reconnu… Et puis, a-t-on idée d’être carnivore, lorsqu’on est civilisé ? Tous ces gens hypocrites – dont j’ai fait partie – qui clamaient souvent : « Moi, je ne pourrais pour rien au monde faire de mal aux bêtes… Je les aime tant ! ». Et qui se précipitaient au restaurant manger des entrecôtes, du couscous mouton, du gigot d’agneau, des escalopes de veau !… Des prédateurs, oui !… Des prédateurs, nous étions ! Et les pires ! Parce que, si les animaux, eux, se mangent entre eux, c’est normal, c’est par nécessité… C’est la nature qui le veut, ils ne peuvent faire autrement. Mais nous, non ! De foutus prédateurs nous étions, et c’est tout !
– Certes ! » avait juste répondu l’autre homme, qui semblait aux anges en entendant ces paroles. Et il avait ensuite lui-même continué la conversation en soutenant cette thèse ; il expliquait qu’il mangeait de temps à autre de la viande pour faire plaisir à sa femme, mais qu’à partir d’aujourd’hui, il en ressentait un dégoût si profond, qu’il ne pourrait plus jamais en manger de sa vie. Et il ajouta :
« D’ailleurs, vous vous souvenez de ce qui s’est passé au début des années 2000 ? Oui, évidemment… vous n’étiez pas encore né… Mais vous en avez entendu parler ? La « vache folle » et la « tremblante » du mouton ? C’est par troupeaux entiers, qu’il avait fallu exterminer les pauvres bêtes, pour endiguer la maladie transmissible à l’homme… Ensuite, il y a eu également – c’était en 2003, si mes souvenirs sont exacts – une autre terrible maladie venant d’Asie ; il s’agissait de la « pneumopathie atypique », qui a fait des centaines de morts, principalement en Chine et à Hong-Kong, où les gens ne sortaient plus alors de chez eux sans un masque médical de protection, car c’était extrêmement contagieux… Malgré tous leurs efforts, les médecins chinois ne parvenaient pas à trouver d’antidote. Et comme les gens voyageaient déjà beaucoup, il y a eu contamination… Cette saloperie s’est alors propagée dans certains pays d’Europe et au Canada ; fort peu, heureusement, et sans trop de cas mortels ; ce qui fait qu’à part en Asie, elle a vite été enrayée… Mais, malgré tout, une véritable psychose régnait à ce moment-là en Europe, où l’on croyait voir cette maladie partout. Eh bien, savez-vous quoi ? Il a été dit à l’époque que l’origine de cette horreur provenait, à ce qu’il semblait, des marchés de Canton, où étaient également vendus comme vous le savez sans doute chats et chiens, tel du bétail à consommer… Jusqu’à hier, ces pauvres animaux l’étaient d’ailleurs toujours… Vous n’ignorez pas que là-bas ils les mangent ? Mon Dieu… j’en ai des frissons rien que d’y penser ! Moi qui ai tant d’affection pour ces petites bêtes… Heureusement qu’à partir de maintenant, ce sera enfin terminé ! Alors, paraît-il qu’en l’occurrence ce serait venu de la civette, qu’ils consommaient aussi autrefois… Vous vous rendez compte ! Ah, mais j’y pense également… C’est vrai qu’il y a eu encore autre chose ensuite… Toujours début 2000, et en Asie. La grippe aviaire… Le saviez-vous ? Là, c’étaient les poulets qui transmettaient la maladie… Comme pour nos moutons, ils ont dû tous les exterminer ! Je ne sais même pas si on en trouve encore chez eux, d’ailleurs… Alors ? Vous vous en souvenez, à présent ?… Oui ? Ah, bon ! Eh bien, tout de même, vous en conviendrez avec moi, c’était déjà un signe, tout ça ! Un bien mauvais signe… Comme un avertissement ! ».
Partout où le maire tendait l’oreille, c’était le même genre de conversation… Ce qui l’avait le plus étonné et réjoui, c’était d’apprendre que dans le monde entier les gens avaient réagi comme ici. Une véritable révolution, semblait-il ! Mais pacifique, celle-là… Une vraie métamorphose ! Presque comme un miracle… La face du monde allait en être changée ! Du moins, économiquement parlant… songeait le maire, tout de même un rien soucieux. Mais, puisque depuis des décennies, toutes les nations européennes du globe s’étaient réunifiées et que les autres continents suivaient, il n’y avait pas de soucis à se faire…

Le lendemain, le maire tint son conseil avec ses administrés. Plusieurs fonctions de la ville furent revues de fond en comble et réorganisées.
Il fut décidé, entre autres, que les domaines forestiers ne seraient plus que des aires de promenades et pique- nique, qui se verraient prochainement dotées de kiosques avec tables et bancs. Et que l’abattoir municipal serait attribué aux vétérinaires de la ville, qui en feraient leur clinique.
Quant aux restaurants, le maire n’eut même pas à s’en inquiéter. D’office, tous les restaurateurs affichaient de nouveaux menus ne proposant plus que des recettes à base de légumes, œufs et poissons. On trouvait encore un peu de poulet, de dinde ou de canard, mais c’étaient les derniers volatiles. Quant à la viande rouge, tant que le stock ne serait pas terminé, il serait écoulé et non renouvelé ensuite, et pour cause… Mais présentement, les restaurateurs avaient plutôt peur que personne ne veuille plus en manger et qu’elle leur restât sur les bras.
Même les entreprises de volailles en gros étaient en train de se recycler… Sauf, celles s’occupant de la ponte des œufs des poules, qui allaient à présent s’intensifier, mais en prenant soin cette fois de veiller à ce que les volatiles soient bien traités. Les élevages de bétail divers avaient également suivi... Tous s’étaient regroupés en sociétés et projetaient de faire de la culture maraîchère intensive à la place.
Les canards resteraient dans les mares, les poulets, les dindes et les porcs dans les cours, les vaches, les bœufs, les moutons, les oies et les lapins dans les champs… Les prairies désertées depuis longtemps, redeviendraient enfin pleines de vie! On ne prendrait de tous ces animaux que ce qui était comestible, comme leurs œufs ou leur lait, sans pour autant les sacrifier comme auparavant.
Tout ceci prendrait certes un certain temps à réorganiser, car il faudrait aussi s’occuper de la prolifération de certaines espèces, mais peu importait… On trouverait bien un moyen pour savoir quoi en faire et pour limiter les naissances.
Parce que plus personne, on ne savait pourquoi, ne voulait maintenant s’en prendre aux bêtes, quelles qu’elles soient… D’un coup, tout le monde réalisait que les animaux n’étaient pas des objets, mais des êtres vivants capables de souffrances et qu’il fallait donc respecter comme tels et protéger… Dorénavant, sur la planète, plus de cruels combats de coqs ou de chiens, plus de corridas avec leur cortège de taureaux mutilés, sanguinolents et massacrés au final, et plus de montreurs d’ours – de ces pauvres ours aux dents limées, aux ongles arrachés, aux naseaux perforés pour les maintenir en laisse, et qu’on fait danser de façon grotesquement dramatique.
Même les ethnies restées les plus fidèles à leurs rituels religieux en matière de sacrifices d’animaux, comme, par exemple, les communautés musulmanes ou tamoules, cessèrent immédiatement de telles pratiques, les remplaçant aussitôt par d’autres, pacifiques et plus subtiles, comme celles de leurs frères chrétiens qui les avaient délaissées depuis des temps immémoriaux. Ne comprenant d’ailleurs plus comment ils avaient pu perpétrer aussi longtemps ce qui leur apparaissait à présent comme de la barbarie… C’est à partir de là, également, que personne sur cette terre, curieusement, n’abandonna jamais plus son animal domestique, qu’il traita avec le meilleur soin. Et qu’il n’y eût, comme par enchantement, plus une seule bête de tuée par un humain. Et puis, l’on avait enfin réalisé en même temps que certaines espèces endémiques avaient disparu, et qu’il fallait que cela cesse… Le monde entier ne pourrait certes jamais ressembler à ces îles Galápagos chères à Darwin et faire partie du patrimoine mondial de l’Unesco, mais ce serait tout de même un merveilleux exemple à suivre.
Depuis ce jour magnifique et béni où eut lieu cette métamorphose mondiale, seuls les détraqués, les dégénérés, continuèrent à maltraiter les animaux. Mais ce n’étaient jamais que des dégénérés…
Et la police avait l’œil, elle restait à l’affût, les traquant et sévissant durement lorsqu’elle leur mettait la main dessus. D’autant qu’une nouvelle loi concernant les droits des animaux avait définitivement été votée leur donnant encore plus de poids qu’auparavant ; une véritable authenticité… La police veillait donc fermement à ce qu’elle fût respectée.

Au cours des mois qui suivirent, à la radio, à la télévision, on ne parlait plus que de cela dans le monde entier… Ces évènements-là avaient supplanté tous les autres, qui avaient disparu. Plus d’infos annonçant terrorisme, meurtres et attentats…Toutes les villes de toute la planète s’étaient mises au même diapason : celui de la protection systématique de tout animal. Bien sûr, on prit grand soin également de lui respecter son environnement… On replanta, on reboisa, on arrêta de détruire la nature. La planète reprenait lentement l’équilibre biologique perdu au fil des ans… Même son réchauffement climatique, devenu beaucoup trop élevé, cessa brusquement, ce qui permit de retrouver des températures normales, bénéfiques à tout être vivant.

Et c’est depuis ce temps que le massacre des animaux ayant enfin cessé, il n’y eut plus une seule guerre dans le monde.
Les hommes, devenus impuissants à tuer la moindre bête, l’auraient encore été davantage envers un humain… En fait, ils ne supportaient plus la vue du moindre sang versé, en avaient le plus profond dégoût, la plus indicible allergie.
Une métamorphose mondiale tout à fait inexplicable avait eu lieu, scellant une paix durable, définitive, pour les siècles à venir et pour le bien de tous…

1 commentaire:

Brooms Ernest a dit…

J'avais fait un commentaire. Il a disparu !!! Je ne sais plus ce que j'ai pu écrire "sous le choc" de la lecture...
J'ai parlé de l'homme qui était un loup pour l'homme et pour les loups aussi, de la nature profondément violente de l'homme, qu'elle soit verbale ou physique, que la vie se nourissait de mort, que le spectacle de la mort avait toujours beaucoup de succès... même un accident banal le long de l'autoroute ! Mais j'avais quand même parlé d'espoir, de paix, d'amour, de respect, de confiance... toutes qualités également "humaines".
Ernest

JUSTINE MERIEAU - ECRIVAIN

Blog destiné à faire connaître mes livres, romans et nouvelles. J'y présente des extraits de ceux-ci, avec également quelques inédits. Mais on y trouvera aussi mes humeurs littéraires du moment...
Bienvenue aux amoureux de la littérature !

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Saint-Joseph, 97480, Réunion
Ecrivain nantais, je suis romancière et nouvelliste. Je demeure à La Réunion depuis 1987.